Posté le 22.02.2008 par englishsquare
La magie de la littérature et plus encore du cinéma (ma passion première) est cette capacité à nous faire voyager. Sans avoir à bouger de notre siège, nous sommes invités à traverser des lieux extraordinaires et des destins peu communs.
Ce blog a une ambition qui s’en approche : voyager, découvrir, et peut-être même apprendre sans être contraint d’investir dans un billet d’avion.
Il n'y a pas longtemps Time magazine titrait en Une « The death of french culture ». Si je cite cette accroche qui en a offensé plus d’un, ce n’est certainement pas dans un but de polémique. Cet espace ne se veut aucunement une réponse à cette apostrophe faite aux lecteurs américains.
En fait, la véritable question sur laquelle nous tablerons sera : quelles sont les images qui viennent à notre esprit lorsqu’on évoque la culture anglo-saxonne ?
La question est large, et tant mieux. Cela me permettra ainsi d’étudier chacune des œuvres que j’apprécie particulièrement. De même, on peu également arguer sur le fait que le mot « anglo-saxon » n’est pas non plus des plus restreints. Cependant, les œuvres audiovisuelles américaines ont déjà tant d’admirateurs (dont je fais volontiers partie) qu’il n’est pas forcément nécessaire de s’attarder sur elles (pour le moment tout au moins). Alors commençons par les pays qui nous sont géographiquement plus proches, à savoir l’Angleterre bien-sûr, mais aussi l’Ecosse et la belle Irlande.
* * *
Mais d’abord une petite parenthèse : Le pronom « je » a jusqu’ici été abondamment employé, j’essaierai de me montrer plus professionnel sur les autres pages. Ma volonté n’étant pas de m’investir dans l’écriture d’un journal intime, il convient néanmoins d’expliquer en toute sincérité ma démarche.
Je suis jeune (tout au moins c’est ce qu’on me dit – 26 ans), et je suis à la recherche d’un emploi. J’ai par conséquent un peu trop de temps pour moi et pour me lamenter sur mon sort. Plus encore, ayant fait 6 ans d’études, les exercices de la recherche et de l’écriture me manquent sacrément. C’est donc dans le but de palier cette carence et de faire marcher ma petite matière grise que je n’initie cet espace.
Ce sont les uniques faits personnels que j’évoquerai sciemment au sein de ce blog. Mon objectif n’étant certainement pas de parler de moi, mais d’évoquer, d’analyser, de décortiquer ce que j’aime. Or, quoi de mieux que d’allier mes passions pour la langue anglaise, pour le septième art, pour les œuvres télévisuelles qui attisent tant l’appétit de nombreux français aujourd’hui, pour la littérature anglaise (pour laquelle mes connaissances sont encore un peu limitées) et même pour l’Histoire.
Ainsi, si qui que ce soit est intéressé par l’idée de partager ses idées et ses goûts en la matière qu’il n’hésite pas à me contacter. Travailler à plusieurs sur un tel projet ne peut être que profitable.
Posté le 27.02.2008 par englishsquare
LOL
L’humour anglais !!! Vaste programme !
Lorsqu’on s’attaque au vocable d’«humour », avec la volonté de le définir en terme simple et concret, on est immanquablement conduit à se casser les dents. Si en plus, un surcroît d’ambition nous amène à agrémenter ce mot d’un adjectif de nationalité, on n’a pas fini de s’interroger!
Ainsi, pour fuir tout risque de s’orienter vers un débat interminable et finalement vain, nous ne nous attarderons point sur une discussion de type sémantique. Nous chercherons d’avantage à établir une sélection forcément subjective et non exhaustive de ce que l’humour britannique peut désigner.
Attention ! Le mot subjectivité n’est pas écrit ici au hasard ! Ainsi, quand les Monty Python ont dit que l’on pouvait rire de tout, mais pas des choses pas drôles, ils pointaient alors du doigt un élément essentiel. En effet comme « chacun voit midi à sa porte », chacun peut aussi percevoir une image ou un propos comme le déclencheur d’une bonne rigolade, alors que le voisin restera de marbre.
Alors allons-y, risquons l’aventure aux confins de la drôle de contrée de l’humour, amusons nous en décortiquant soigneusement la british touch, en littérature (un peu), au cinéma et à la télévision (beaucoup).
Cependant pour éviter de sombrer dans un grotesque classement des 10 gags les plus divertissants, évoquons préalablement ce que d’autres avant nous entendaient par « Humour anglais ». Il fut un temps, pas si lointain où quand on voulait obtenir la définition exacte d’un mot on consultait le Larousse ou le Robert. Mais, autres temps autres mœurs. De plus et surtout, cet écrit étant destiné à Internet, autant profiter de ce média autant qu’il est possible, et allons faire un tour du côté de Wikipédia.
Ainsi selon la version française de cette encyclopédie renommée, l’humour anglais use à volonté des notions d’absurde et de noirceur. En ce qui nous concerne nous n’en doutons pas, séries et cinéma anglais aiment à nous montrer des situations décalées, illogiques et extravagantes. Quant à la noirceur, il est également vrai que le mal être et la mort sont sources de nombreuses plaisanteries. Ainsi, notre nouvelle amie Wikipédia nous offre une citation de l’humoriste de Génie, français pour sa part, Pierre Deproges devant laquelle nous pouvons nous délecter :
«
Comment reconnaître l'humour anglais de l'humour français ? L'humour anglais souligne avec amertume et désespoir l'absurdité du monde. L'humour français se rit de ma belle-mère. »
Un peu d’histoire :
Même si l’énoncé de nos intentions spécifiait qu’il ne s’agirait nullement d’un cours de sémantique, il est néanmoins intéressant (selon moi en tout cas ! Encore une question de subjectivité), d’évoquer rapidement les origines du mot « humour ».
A la lecture du livre de Robert Escarpit consacré à l’humour, on s’aperçoit rapidement que le mot n’est pas clair. Qu’il soit difficile (impossible ?) à définir est un fait établi, mais ses origines semblent tout aussi compliquées à préciser. Tantôt, accepté comme un mot de racine latine, il est aussi un mot qui trouverait ses origines dans la célèbre théorie médicale sur les humeurs développée par Galien pendant l’antiquité. C’est ainsi que bien des siècles plus tard il était encore lié à la médecine puisqu’il traduisait l’idée d’excentricité, de caractère fantasque. En clair, il s’assimilait à une forme de désordre mental provenant d’un déséquilibre humoral.
Pour en revenir à nous moutons, il est frappant de constater l’omniprésence du mot « anglais », dans la première partie de l’ouvrage. Il est de toutes les pages. Angleterre et Humour semblent unis à jamais.
« A partir du XVIII e siècle, l’influence anglaise rayonne sur l’Europe. Ainsi apparaît un nouveau concept qui tend progressivement à se détacher de son origine anglaise et qui, à notre époque, n’a plus rien de spécifiquement anglais. Malheureusement c’est un mot anglais, « humour », qui continue à le désigner. Ce mot est maintenant adopté par la plupart des langues où il retrouve sa forme primitive venue directement du latin »
Plus parlante encore est la dernière phrase du premier chapitre d’Escarpit
« l’humour au bout de cette évolution (c’est à dire dans le premier quart du XVIIIe siècle) en arrive à être ressenti comme une sorte de trait national, comme une tradition venue des profondeurs de l’âme anglaise. »
Dès la fin du XVIIe siècle, avec des auteurs comme Swift l’Angleterre se découvre un goût prononcé pour la satire. Le talent des anglais pour la caricature est visible notamment grâce au dessin qui seront publiés par Punch dont le premier exemplaire paraîtra en 1849. Mais l’humour du magazine ne se veut pas gratuit, les fondateurs ont toujours eu à l’esprit d’user de l’humour comme une arme pour dénoncer les inégalités.
Il n’est donc pas étonnant que la satire sociale soit l’un des genres cinématographiques dans lequel excelle les Anglais. Si les années Thatcher et leur injustice sociale ont visiblement nourri les réalisateurs de films comme The full Monty et les Virtuoses, ils suivent néanmoins un courant amorcé il y'a plusieurs siècles.
Un peu d’absurdité dans ce monde de brutes :C’est sans filet, puisque sans ouvrages sous les yeux que nous allons évoquer l’absurde dans le comique britannique. Pour cela, le plus perspicace est probablement de se pencher sur les séries TV. Des Monty Python à The IT crowd aujourd’hui, les shows télé anglais se sont beaucoup appuyé sur l’absurde pour rendre des situations cocasses. Une situation réaliste saupoudrée d’une pincée de fantastique, de fantaisies, semble s’appliquer à de nombreuses œuvres télévisuelles. Il est inutile d’en faire le catalogue mais je ne résiste pas à la tentation d’en citer quelques-unes unes, parmi mes préférées. Ainsi toutes les créations de l’Irlandais Graham Lineham répondent à cette idée. Quoi de plus absurde qu’une compétition d’imitation entre prêtres de différentes paroisses dans Father Ted, qu’une tour faite en soupe pour l’ouverture d’un restaurant librairie dans Black Books, ou encore qu’un homme, qui croyant se rendre à un cours de cuisine allemande (rien que cela c’est amusant), se retrouve chez un cannibale allemand, dans the IT crowd ?!
Ainsi contrairement à un humour français qui serait d’avantage axé sur les jeux de mots, les Britanniques développent un comique de situation plus visuel, plus lunaire, en gros un peu dingue.
Posté le 05.03.2008 par englishsquare
Michael Caine, Robert Carlyle, Ewan McGregor, Jude Law… La liste des grands acteurs britannique que le cinéma nous a offert est bien longue. Mais, alors que le royaume unis a la réputation de former parmi les meilleurs acteurs au monde, quels sont les petits nouveaux ? Recensons ceux dont on entendra assurément parler de plus en plus.
De tous les jeunes acteurs qui vont être abordé ici, commencer par l’acteur Orlando Bloom n’est pas forcément des plus judicieux tant ce dernier est vilipendé par une majorité des critiques de cinéma. Mais assumer ses goût et ses opinions c’est aussi avoir à les défendre alors je me jette à l’eau.
Posté le 05.03.2008 par englishsquare
Voilà le problème des jeunes premiers aujourd’hui. Jeune, beau et sans apparents problèmes Orlando Bloom ne saurait être apprécié à sa juste valeur. Comment pourrait-on dire d’un acteur qu’il est doué, qu’on apprécie son jeu et ses choix de carrière, s’il n’a pas encore revêtu l’habit de la mauvaise graine, s’il n’a pas incarné de véritable rebelle ! Pour mériter le droit de faire craquer les jeunes adolescentes, on ne peut se dispenser de jouer dans un remake non officiel de la fureur de vivre. Non, jouer le gendre idéal ou le preux chevalier c’est trop facile. Comment pourrait-il se montrait trouble ou tourmenté dans un autre rôle ! C’est parfaitement inenvisageable !
Le problème de l’enfermement des acteurs dans des carcans qu’on se refuse à briser ne date pas d’hier, et nous accable encore aujourd’hui.
Mais en fin de compte, l’acteur à suivre n’est-il pas celui qui offre de la présence à l’écran, donne envie de suivre le parcours de son personnage, voire de s’identifier à lui. En gros d’avoir du charme.
Il est fort dommage qu’Orlando Bloom soit si peu pris au sérieux. On le qualifie de comédien insipide et fade. Il s’est pourtant montré parfait dans chacun des opus de
Pirates des Caraïbes, mais seul l’élucubrant Jack Sparrow interprété avec talent par Johnny Depp retint l’attention des médias. C’est un tort, car il est certain que la trilogie n’aurait pas tant de valeur sans l’intégralité de sa distribution, et le personnage de Depp ne serait certainement pas aussi truculent sans la sobriété des autres rôles majeurs.
De même, si
Troie est un échec artistique complet, qui se pourvoit souvent dans le ridicule, Bloom réussit à rendre son rôle de lâche quelque peu attachant. Il y interprète un Paris pleutre et insouciant, or c’est ce qui le rend humain face aux autres personnages à la musculature saillante, et aux jupettes étriquées.
Enfin, il est impératif de citer
Kingdom of heaven. Ridley Scott nous l’a prouvé, il est capable du pire comme du meilleur. Et après les navrant Hannibal, il est revenu en force avec un film d’époque, véritable écho à notre société contemporaine post 11 septembre. Or Orlando Bloom tient cette fresque épique sur ses épaules et le fait idéalement. Si ses lentilles bleues d’elfes guerriers cachaient la force de son regard dans Le seigneur des anneaux, ici elle est habilement utilisée. Par la noirceur de ses yeux il réussit en quelques plans à transmettre au spectateur, la colère et la droiture du personnage, ainsi que ses questionnements.
Alors, peut-être que, quand il sera moins jeune et moins à la mode dans les magazines pour jeunes filles, ses aptitudes seront enfin célébrées par les critiques. Si ce business n’est pas l’unique objet de l’inconstance des goûts des producteurs, nous auront droit à ce moment, histoire de dire : moi je le savais…
Posté le 05.03.2008 par englishsquare
Jeune acteur d’origine irlandaise, il s’est surtout fait remarquer dans l’excellent
Match Point, premier volet de la trilogie Londonienne de Woody Allen. Avant cela, il avait été aperçu dans des films comme
Velvet Goldmine ou
Vanity fair. Rien d’extraordinaire. Dans le raté
Prozac Nation par exemple, il était cantonné au rôle du beau gosse de service. Mais on voyait néanmoins déjà se profiler une lueur d’espoir.
En 2OO5, il est remarqué grâce à sa prestation dans le téléfilm
Elvis.
La même années sort sur nos écran
Match Point où il dévoile la pleine mesure de son talent. Il y montre une facette à la fois sombre et sensuelle, et marque une véritable évolution chez son personnage. Il se présente d’abord tel un mec un peu perdu, dont on discerne à peine quelques dents carnassières avides de réussite et d’argent, puis il se transforme lentement en parfait arriviste capable d’aller jusqu’au meurtre pour ne pas descendre sur l’échelle sociale.
Néanmoins, contrairement à sa partenaire scarlett johansson, qui n’en fini plus d’obtenir les grâces des critiques et du public, Meyers semblait avoir été mis un peu de côté ces derniers temps. Une participation à
Mission Impossible 3, en tant que membre de l’équipe d’Ethan Hunt n’a pas desservi sa côte, mais paraissait établir que le haut de l’affiche ne lui été pas encore acquis. Allait-il alors être limité aux seconds rôles dans quelques blockbusters hollywoodiens ?
Que Nenni ! Dès le 24 mars sur Canal +, nous pourrons enfin le retrouver dans l’excellente série
The Tudors, dont il faudra absolument reparler plus en longueur un peu plus tard. Il y incarne un roi implacable et forcément angoissant. Ce qui faisait la qualité de son jeu dans
Match Point est de nouveau parfaitement employé. En effet cet acteur est capable de passer en un clin d’œil de la glace aux feu. Ainsi, alors qu’il fait fréquemment montre d’une froideur extrême dans la peau du roi Henri VIII, en un instant il devient un être fougueux, soumis à ses émotions. Ses désirs et sa personne en général passent avant quiconque et pour faire état de cela il entre régulièrement dans des colères d’enfant gâté. Pour ce rôle il a été même nominé au golden globe du meilleur acteur.
En attendant de revoir Jonathan Rhys Meyers sur grand écran, on se réjouira donc de suivre cette captivante série, tout en sachant qu’elle a été reconduite par Showtime pour une seconde saison.
Posté le 05.03.2008 par englishsquare
Comme il est frustrant d’avoir remarqué la qualité d’un acteur, son immense potentiel dès 2002, et de ne pouvoir faire état de cette trouvaille qu’une fois la pépite déjà repérée par un grand nombre. Il est vrai qu’avec les sorties de
Le vent se lève de Ken Loach (palme d’or 2006),
Batman Begins dans lequel il jouait un vilain « épouvantail » tout à fait angoissant, ou encore
Sunshine, Cillian est aujourd’hui un acteur reconnu. En raisons de ses origines irlandaises certains parlent même de lui comme du nouveau Collin Farrell (absurdité totale selon moi). Même dans
The eye, film sans grand intérêt de Wes Craven, il parvenait à être bon !
Mais puisque ici j’emploi le « je », laissez-moi vous dire que je me suis mis à admirer cet acteur dès la sortie sur nos écrans du brillant et intense
28 jour plus tard. Evidemment le film de Zombies réalisé par Danny Boyle n’était pas le premier rôle du jeune comédien, il avait déjà fait ses galons d’essais dans quelques longs métrages qui m’étaient alors parfaitement inconnus (à ma décharge, peu d’entre eux ont été distribués en France).
Selon les rumeurs c’est l’acteur fétiche du réalisateur, Ewan McGregor, qui était pressenti pour le rôle principal. Cependant la brouille notoire qu’il y a eu entre le comédien et le metteur en scène au moment de la pré production de
La plage rend peu crédible ces bruits.
A la vision de ce film, le public assistait à une sorte de renaissance de la part du réalisateur anglais. Après le bide de
La plage, Boyle retournait au fondamentaux, et nous offrait de nouveau une œuvre destinée à être culte. Avec ce film de genre fauché, nous retrouvions la même sensation que devant
Petit Meurtres entre amis. Ce sentiment n’était pas seulement dû à la noirceur des deux réalisations, mais aussi au bonheur personnel de découvrir un acteur grandiose.
Cillian Murphy n’est certes pas un jeune premier, ce n’est pas un acteur qui peut s’appuyer sur sa seule capacité à séduire. Il n’est pas très grand, pas très épais, et on peu même aller jusqu’à dire qu’il a une tronche plutôt bizarre. Plus encore la noirceur de ses cheveux fait ressortir le bleu profond de ses yeux, tout cela lui conférant une ambiguïté incroyable, une impression d’inquiétante étrangeté pour reprendre l’expression de Freud dont on use avec délectation quand il s’agit de décortiquer une œuvre fantastique (qu’elle soit littéraire ou cinématographique).
Ce côté hors du commun du jeune acteur irlandais lui permet donc d’interpréter tout aussi bien l’archétype du méchant (
Batman begins,
The eye) comme de jouer sur un sentiment d’extrême vulnérabilité. Ainsi, dans
Retours à Cold Mountain, en seulement une scène, il parvient à construire un véritable personnage, il arrive à transmettre la stupeur, la crainte, et la honte du soldat qu’il interprète. Un grand acteur sans aucun doute.
Posté le 05.03.2008 par englishsquare
Jeune écossais de 28 printemps, il est assurément l’un des acteurs de sa génération les plus prometteurs. Il fit ses armes à la télévision, dans des téléfilms et quelques séries dont l’excellente
Band of brothers.
Ce qui est extraordinaire dans cette mini série produite par Tom Hanks et Steven Spielberg, c’est la qualité de son casting. Chaque acteur, inconnu pour la plupart, a manifestement été trié sur le volet, et James McAvoy ne détonne absolument pas. Mais il n’est alors qu’un visage parmi tant d’autres et c’est véritablement au cœur d’une autre mini série,
State of play (Jeux de pouvoirs), qu’il crèvera l’écran en 2003. Son charisme et son sourire goguenard lui assure la sympathie du spectateur. Son personnage de jeune journaliste débrouillard, usant volontiers de son charme pour s’assurer un scoop de taille, était indispensable au show. Son apparition permet de rendre le ton de cette fabuleuse œuvre anglaise, plus léger. Au milieu des jeux machiavéliques des personnages ce gringalet séduisant et attachant s’apparente à une bulle d’oxygène.
Un sourire goguenard, il en arbore un également dans le premier film de fiction de Kevin McDonald,
Le dernier roi d’Ecosse. Tout au moins au début. Parce que face au personnage d’Idi Amin Dada, le jeune médecin qu’il interprète va vite déchanter.
Si tout le monde a salué à raison le travail mémorable de Forest Whitaker sur ce film, James MacAvoy n’a pas suscité beaucoup de commentaires et c’est dommage. Car après tout, le film tient autant sur les épaules de Whitaker que sur les siennes. S’il était impératif pour la tenue du film que le dictateur ougandais soit incarné par un comédien de grand talent, le protagoniste majeur est pourtant celui de Nicholas Garrigan (McAvoy). C’est lui qui nous fait découvrir ce monde exotique, c’est grâce à son enthousiasme apparent et à sa terreur désarmée que nous suivons avec tant d’intérêt cette histoire. Sans la création d’un tel anti-héros, McDonald aurait pris le risque de voir son film tomber dans les méandres d’une leçon pédagogique sur l’histoire de L’ouganda. Or, en permettant au public de ressentir de l’empathie pour un personnage, il fait de son œuvre en prodigieux thriller haletant et angoissant.
Pour ce film McAvoy déclarait ne pas avoir voulu se mettre en avant, avoir chercher à laisser le devant de la scène à Forest Whitaker. De cette façon ce relatif retrait permet au public d’être lui-même incarné à l’écran. Il est témoin, comme Nicholas est spectateur des actes d’Amin Dada. Mais l’acteur n’est cependant pas à l’écart, car la fascination qu’éprouve le jeune homme pour le dictateur est d’une certaine façon réciproque. L’homme à la stature imposante est séduit par le jeune écossais, et pour que ce sentiment soit crédible à l’écran, il était essentiel pour le réalisateur d’engager un acteur charismatique. Avec James McAvoy, McDonald est tombé juste. Aujourd’hui, l’acteur n’est plus un inconnu grâce à son rôle de Robbie Turner dans
Reviens-moi. Gageons que sa reconnaissance publique ne fera que s’accroître, surtout avec la sortie prochaine de
Wanted, adaptation d’un comic, dont il tient le rôle principal au côté d’Angelina Jolie.
Posté le 05.03.2008 par englishsquare
Nous avons évoqué avec attention quatre importants acteurs britanniques de la nouvelle génération. Nous traiterons sûrement prochainement d’autres espoirs masculins. Peut-être qu’un jour décrirons-nous Daniel Radcliffe ? Mais pour cela attendons de voir ce qu’il deviendra après la franchise
Harry Potter. Peut-être gagnera-t-il en profondeur ? La question se pose néanmoins : cet acteur a-t-il un avenir ? Les sept films consacrés au sorcier le plus célèbre au monde seront-ils pour lui un véritable tremplin, où serra-t-il lié à jamais au destin de ce personnage de fiction ?
Enfin en PS à ce PS, il me paraît nécessaire d’évoquer Jonas Armstrong, interprète de
Robin Hood (Robin des bois). Plus encore que dans
Ghost Squad où il tenait un rôle secondaire, il fait preuve d’un réel charisme qui, s’il est habilement employé, pourrait un jour être reconnu. Comme James McAvoy, Armstrong est capable d’adopter une expression malicieuse qui le rend attachant. Mais future « star » (que je n’aime pas ce mot !) ou non, cela ne nous privera pas de profiter pleinement de sa prestation dans la réjouissante série de la BBC.
Posté le 11.03.2008 par englishsquare
On aura beau évoquer les grands auteurs anglais, argumenter sur la qualité des productions de la BBC, s’étendre sur l’innovation du cinéma issu du Royaume Uni, sur l’humour britannique, disserter sur la splendeur de la pop, cela ne dispensera néanmoins pas de se pencher sur la simple beauté de la langue anglaise. Son apprentissage n’est pas si facile qu’on le dit. Un français a par exemple beaucoup de mal à saisir l’emploi dissocié du prétérit et du présent perfect, sans compter l’ordre des mots qui n’est pas le même. Mais dès que l’on découvre une œuvre anglaise, qui semble paradoxalement vous parler à vous, on mesure la richesse de cette langue. Le désir de la comprendre le mieux possible se fait alors sentir avec force.
Rassurez-vous, pas de leçon de grammaire formelle et pesante ici (j’en serais d’ailleurs parfaitement incapable), mais quelques expressions typiquement anglaises, utiles et amusantes.
D’abord, une expression qu’il est nécessaire pour un français de connaître :
"excuse my french " "pardon my french" : "Passez-moi l’expression" et non pas
"excusez mon français"
Et maintenant quelques expressions entrant dans le cadre de cet espace puisqu’elles usent de mots appartenant au registre de la culture tels que « comédienne », « musique » et « livre ».
"culture vulture" : "passionné de culture" et non pas
"vautour de la culture"
"as the actress said to the bishop" : "Si j’ose dire" Et non pas
"comme l’actrice a dit à l’Evêque". Expression utilisée lorsque ce que l’on vient de dire une phrase qui peut être comprise de façon grivoise.
"to face the music" : "affronter l’orage, faire face" et non pas
"faire face à la musique"
"it’s music to my ears": "cela fait plaisir à entendre" et non pas
"c’est de la musique à mes oreilles"
"In my book" : "à mon avis" et non pas
"dans mon livre"
"to cook the book": "trafiquer les comptes" et non pas
"cuisiner le livre"
On constate que les expressions citées ci-dessus sont des plus imagées. En effet leur traduction littérale permet rarement de comprendre leur pleine signification.
Une autre pour la route...
"Curiosity killed the cat" : "la curiosité est un vilain défaut" et non pas
"la curiosité a tué le chat"
Pour avoir une vision plus complète de ces expressions je vous conseille de consulter le dictionnaire
idioms aux éditions Harrap’s.
Posté le 24.03.2008 par englishsquare
Penchons nous d’abord sur notre sujet
Adoptons à nouveau une attitude scolaire pour approcher notre sujet, et ainsi examiner avec attention les mots de notre intitulé. La question se pose alors, pourquoi ne nous sommes pas bornés au simple titre de « Jekyll and Hyde » ? Pourquoi avons-nous ressenti la nécessité d’y adjoindre le terme « mythe ».
A la lecture du livre de Stevenson «
L’étrange cas du docteur Jekyll », l’explication s’impose en fait d’elle-même. En effet, on a beau avoir vu un nombre conséquent d’adaptations cinématographiques de cette oeuvre, aucune n’est tout à fait fidèle à l’histoire originelle. C’est en fait l’idée de double maléfique qui attire l’attention. Le plus frappant est certainement la représentation de Hyde qui est radicalement différente entre l’ouvrage et les films. Alors que le double malfaisant de Jekyll est décrit en termes peu flatteur par Robert Louis Stevenson :
«
Il était de petite taille, très simplement vêtu. Même à distance son aspect souleva chez le guetteur une certaine antipathie »
a l’inverse, le personnage est souvent incarné de façon à faire de Hyde, si ce n’est un homme séduisant au moins un être fascinant. Plus encore, bien que Jekyll soit le protagoniste central du livre, le notaire, M. Utterson, s’apparente d’avantage à l’image qu’un lecteur se fait d’un personnage principal. C’est par son enquête, ses découvertes et ses révélations que nous suivons le parcours du docteur Henry Jekyll. Or, dans les adaptations audiovisuelles de cette oeuvre, nous suivons directement le praticien, l’intermédiaire est effacé. En conséquence nous allons davantage nous pencher sur les personnages et les thèmes abordés par cette histoire que sur la trame en elle-même (si ce n’est pour en relever les différences les plus significatives).
Comme toute étude qui se veut quelque peu scolaire (des séquelles de mes années universitaires), il est essentiel de définir au préalable le corpus sur lequel va reposer cet article, les oeuvres qui vont nous aider à illustrer nos dires.
Pour partir à la conquête du mythe de Jekyll et Hyde, nous allons bien-sûr nous appuyer sur l’ouvrage originel de Stevenson, mais aussi sur la très bonne série produite par la BBC «
Jekyll », diffusée récemment sur canal +. Nous traiterons également du film «
Les deux visages du docteur Jekyll » réalisé par Terence Fisher, sous la houlette de la Hammer. Ce sera ainsi un préambule à l’article que nous consacrerons un peu plus tard au réalisateur.
Un Hyde bien différent
Avant tout revenons à la distinction essentielle entre le roman et ses adaptations, à savoir le tant redouté Mr Hyde. Cet être malfaisant est appréhendé comme l’image même du mal, celui qui est tapi au fond de l’homme. Il est la parabole de la bête féroce que l’être humain peu devenir. Mais alors qu’au cinéma Hyde en impose par sa force, Stevenson le dépeint comme un homme jeune marquant les esprit par sa petitesse. Le protagoniste adopte même parfois une politesse timide. S’il se dégage de lui quelque chose de détestable, c’est d’avantage par son aspect physique que par ses actes tels qu’ils sont décrits.
On peut donc penser qu’à l’époque de Stevenson, l’image que l’on se faisait du mal absolu s’assimilait à l’idée de petitesse et indubitablement de sournoiserie. La beauté au contraire est l’incarnation du bien. Ainsi quand le docteur Jekyll s’abreuve de sa potion afin de s’adonner aux joies du vice, il se défait de son apparence mondaine et élégante pour se changer en un être à l’aspect difforme. Il se fait monstre. Chez Fisher, tout comme dans la série de Steven Moffat, le monstre est conçu comme un homme plus séduisant que le docteur. C’est comme si l’on avait définitivement intégré la notion de méchanceté fascinante. Hyde effraie autant qu’il charme.
Par ailleurs, l’animalité intrinsèque à cet être fantastique n’est pas la même à l’écrit et à l’image. Stevenson évoque sa «
sauvagerie simiesque » et son «
rire de rat ». A l’inverse du côté de la BBC, Hyde s’apparente à un animal sauvage et noble, plus fort encore que le lion.
Mais l’animalité n’est pas tout. La série «
Jekyll » insiste sur le côté sal gosse de Hyde. Il est dit à plusieurs reprises qu’il est un enfant dans un corps d’adulte, pour lui tout est prétexte jouer. Ce concept d’homme enfant est en fait habilement repris au roman tel que le prouve la phrase de Jekyll évoquant ses actes dans la peau de Hyde :
«
J’ai distribué mes coups sans plus raisonner qu’un enfant malade »
De plus, dans le livre on émet d’abord l’hypothèse que Hyde serait le fils illégitime du brave docteur Jekyll. Ainsi dans la série «
Jekyll », le double maléfique surnomme le docteur « Papa ».
Chez Fisher cette idée est complètement évacuée. Hyde n’est qu’un alter ego qui s’avère fort utile pour punir une femme infidèle.
La création de Hyde
Les raisons de l’existence de Hyde sont également fort différentes d’une oeuvre à l’autre. Chez l’écrivain anglais, il est conçu comme le moyen d’assouvir les vices d’un homme qui se veut honnête, sans risquer d’endurer les reproches de la société. Il est un camouflage. Après tout, le nom Hyde fait penser au mot anglais « Hide » qui signifie « cacher ». C’est donc à l’aide d’une potion que Jekyll peut délaisser son habit de société pour prendre une liberté qui s’avère dévastatrice.
«
Les deux faces du Docteur Jekyll », le film de Terence Fisher, part d’un autre postula. Hyde est le résultat d’une expérience scientifique qui a pour but affirmé de montrer qu’il existe une barrière entre le bien et le mal. Si le docteur s’injecte, grâce à une énorme seringue, le résultat de ses recherches c’est pour mieux comprendre ce qu’il dit vouloir combattre. C’est la volonté d’annihiler le mal qui dicte ses actes.
Enfin dans «
Jekyll », la série, plus besoin d’expérience, de formules ou d’injection, ce sont les gênes qui font tout le boulot. Le Jackman des années 2000 est un descendant du Hyde de la fin du XIX. La série s’adapte aux peurs de notre époque, gênes et clonage ainsi que théorie du complot sont ainsi les phobies sur lesquelles s’appuie le show télévisé. Mais les derniers épisodes vont encore plus loin, puisqu’il est dit que Hyde n’est en fait qu’un être fait d’amour. En effet, il agira tel quel en se sacrifiant afin de sauver ses enfants et la femme qu’il aime. Il s’agit là, d’une forme de suicide qui fait écho aux morts de Hyde chez Stevenson et chez Fisher. Mais ces décès-là n’étaient nullement les conséquences d’un désintéressement, mais au contraire de la volonté de fuire le regard des autres, même si le prix en était la mort.
Hyde et les femmes
Une autre divergence essentielle réside dans la présence de la gente féminine. Chez Stevenson point de femme. Elles n’ont guère d’importance. Avec Fisher, il s’agit déjà d’une toute autre histoire. Terence Fisher étant l’un des cinéastes phares du studio de production anglais La Hammer, il lui a fallu adapter l’histoire. Le récit est d’ailleurs tellement arrangé qu’il est très loin de l’ouvrage originel. Si l’époque reste la même (fin du XIXième siècle), il a fallu répondre au cahier des charges des producteurs et ajouter de jolies femmes en danger. La sensualité de la danseuse au serpent ancre le film dans son époque. Le sexe n’est plus tabou, il doit même être explicite. Ainsi allusions salaces, tombeurs de ses dames et femmes infidèles sont intégrés au récit. Plus encore le vieux garçon Jekyll de Stevenson est désormais marié.
Dans le show de la BBC, Jackman (descendant de Jekyll) a lui aussi une épouse. D’autre part, cette femme, Claire, prend une place de plus en plus capitale dans chacun des épisodes. Le spectateur finira par comprendre qu’elle est en fait au centre de tout. L’arrivée de Hyde est intimement liée à sa propre existence. Mais ce n’est pas l’unique femme de l’histoire, il y a aussi la secrétaire secrètement amoureuse de Jackman, les deux détectives lesbiennes, et la mère de Jackman. Cette dernière est au combien importante puisqu’elle est à la tête du complot.
Mythe
Dr Jekyll et Mr Hyde est donc devenu un mythe, à la manière de Dracula ou de la créature de Frankenstein. C’est seulement en consultant l’œuvre originelle de Stevenson que l’on prend conscience de l'étonnante infidélité des adaptations. Chaque auteur reprend en fait la notion de double démoniaque pour la transformer en ce qu’il veut, et plus encore pour cadrer avec les terreurs de ses contemporains. L’inscription « Adapté pour l’écran » a rarement aussi bien convenue à une histoire.