Jeune écossais de 28 printemps, il est assurément l’un des acteurs de sa génération les plus prometteurs. Il fit ses armes à la télévision, dans des téléfilms et quelques séries dont l’excellente
Band of brothers.
Ce qui est extraordinaire dans cette mini série produite par Tom Hanks et Steven Spielberg, c’est la qualité de son casting. Chaque acteur, inconnu pour la plupart, a manifestement été trié sur le volet, et James McAvoy ne détonne absolument pas. Mais il n’est alors qu’un visage parmi tant d’autres et c’est véritablement au cœur d’une autre mini série,
State of play (Jeux de pouvoirs), qu’il crèvera l’écran en 2003. Son charisme et son sourire goguenard lui assure la sympathie du spectateur. Son personnage de jeune journaliste débrouillard, usant volontiers de son charme pour s’assurer un scoop de taille, était indispensable au show. Son apparition permet de rendre le ton de cette fabuleuse œuvre anglaise, plus léger. Au milieu des jeux machiavéliques des personnages ce gringalet séduisant et attachant s’apparente à une bulle d’oxygène.
Un sourire goguenard, il en arbore un également dans le premier film de fiction de Kevin McDonald,
Le dernier roi d’Ecosse. Tout au moins au début. Parce que face au personnage d’Idi Amin Dada, le jeune médecin qu’il interprète va vite déchanter.
Si tout le monde a salué à raison le travail mémorable de Forest Whitaker sur ce film, James MacAvoy n’a pas suscité beaucoup de commentaires et c’est dommage. Car après tout, le film tient autant sur les épaules de Whitaker que sur les siennes. S’il était impératif pour la tenue du film que le dictateur ougandais soit incarné par un comédien de grand talent, le protagoniste majeur est pourtant celui de Nicholas Garrigan (McAvoy). C’est lui qui nous fait découvrir ce monde exotique, c’est grâce à son enthousiasme apparent et à sa terreur désarmée que nous suivons avec tant d’intérêt cette histoire. Sans la création d’un tel anti-héros, McDonald aurait pris le risque de voir son film tomber dans les méandres d’une leçon pédagogique sur l’histoire de L’ouganda. Or, en permettant au public de ressentir de l’empathie pour un personnage, il fait de son œuvre en prodigieux thriller haletant et angoissant.
Pour ce film McAvoy déclarait ne pas avoir voulu se mettre en avant, avoir chercher à laisser le devant de la scène à Forest Whitaker. De cette façon ce relatif retrait permet au public d’être lui-même incarné à l’écran. Il est témoin, comme Nicholas est spectateur des actes d’Amin Dada. Mais l’acteur n’est cependant pas à l’écart, car la fascination qu’éprouve le jeune homme pour le dictateur est d’une certaine façon réciproque. L’homme à la stature imposante est séduit par le jeune écossais, et pour que ce sentiment soit crédible à l’écran, il était essentiel pour le réalisateur d’engager un acteur charismatique. Avec James McAvoy, McDonald est tombé juste. Aujourd’hui, l’acteur n’est plus un inconnu grâce à son rôle de Robbie Turner dans
Reviens-moi. Gageons que sa reconnaissance publique ne fera que s’accroître, surtout avec la sortie prochaine de
Wanted, adaptation d’un comic, dont il tient le rôle principal au côté d’Angelina Jolie.