Après avoir évoqué quelques-uns des jeunes acteurs britanniques les plus étonnants de ces dernières années, traitons maintenant d’un réalisateur qui n’en est encore qu’à ses débuts dans le domaine de la fiction cinématographique, mais dont la carrière s’avère être déjà pleine de promesses, Kevin MacDonald. En seulement un film de fiction, il a démontré un talent certain. Ainsi, dans «
Le dernier roi d’Ecosse », le cinéaste a su mêler avec une extrême habileté vision documentaire et règles du thriller politique. Même si elle évite la pesanteur de la démonstration pédagogique, cette oeuvre établit néanmoins un grand nombre de faits historiques tout en traçant un portait sans concession et parfaitement fascinant du dictateur Amin Dada. Parallèlement, avec l’ajout fictif du personnage d’un jeune médecin écossais en mal d’aventure, MacDonald greffe à son histoire une facette sublime d’intensité.
Cependant, «
Le dernier roi d’Ecosse » a surtout attiré l’attention sur l’excellente interprétation de Forest Whitaker et les prestigieuses récompenses qui ont plu légitimement sur le comédien. Comme nous l’avions préalablement signalé au sujet de James MacAvoy, il ne faudrait pas laisser le travail de Whitaker, aussi immense soit il, faire de l’ombre à ses collaborateurs. D’abord, preuve est faite de la capacité de MacDonald à diriger brillamment ses acteurs, à tirer le meilleur parti de leur jeu sans qu’il n’y ait jamais impression de cabotinage. De plus, l’intensité du film doit beaucoup au rythme que le cinéaste a réussi à octroyer à chacune des scènes. Il tient son histoire d’un bout à l’autre. Ainsi, ce réalisateur issu du documentaire se révèle être un formidable conteur.
C’est une caractéristique qu’il était déjà possible de percevoir à la vision de ses documentaires. Dans «
Un jour en septembre », où il retrace la prise d’otage des jeux olympiques de Munich, il scotche le spectateur par sa façon de traiter le sujet. Comme dans «
Le dernier roi d’Ecosse », il passe d’une certaine joie due à l’heureuse innocence de ses « personnages », au drame le plus déstabilisant. Il nous assénait alors une gifle salvatrice. De plus, s’il ne nous épargnait pas certaines photo chocs, il ne nous donnait pas pour autant l’impression d’être des voyeurs à la recherche de sensations fortes.
Mais c’est peut-être dans «
La mort suspendue » que son talent de raconteur d’histoire est le plus évident. En adaptant un livre portant sur l’instinct de survie de deux alpinistes anglais perdus en montagne, Kevin Macdonald avait, dès 2004, bâti un pond entre le metteur en scène de documentaire et le réalisateur de fiction. Alternant interviews des protagonistes de cette incroyable histoire et recréation des événements, il parvenait à captiver son spectateur. Il réussissait à nous faire partager l’aventures.
Dernièrement, la grève des scénaristes américains a quelque peu terni notre enthousiasme quant à sa prochaine réalisation. En effet quel projet engageant qu’était l’adaptation de la mini série «
Jeux de Pouvoir », avec la réunion du duo choc de
Fight Club, Edward Norton et Brad Pitt ! Mais les deux acteurs ayant finalement quitté le navire, de nombreuses interrogations se posent alors. Casting de remplacement et scénario seront-ils à la hauteur de nos attentes passées ? En tous les cas MacDonald a su jusqu’ici prouver sa valeur, faisons-lui confiance pour nous étonner de nouveau à l’avenir.